Hanoi (VNA) - Soixante-dix ans après le lancement de la campagne «Alphabétisation du peuple», le pays a obtenu de grands succès en la matière. Pourtant, on compte encore plus de 1,3 million d’alphabètes. Des solutions sont proposées.

De son vivant, le Président Hô Chi Minh avait pointé du doigt les trois tâches prioritaires à accomplir, à savoir «éliminer la famine, l’analphabétisme et vaincre les agresseurs étrangers» (en vietnamien : diêt giac doi, diêt giac dôt, diêt giac ngoai xâm). Dès le lendemain de la Déclaration d’Indépendance, au cours d’une réunion du gouvernement provisoire le 3 septembre 1945, le Président lança la campagne de lutte contre l’analphabétisme. Selon lui, «un peuple ignorant est un peuple faible».

Des résultats encourageants

L’alphabétisation demeure un droit humain à la base de tout apprentissage. En garantissant l’accès à l’éducation, elle s’ancre véritablement comme facteur de développement social. Elle autonomise les individus, les familles et les communautés, et améliore leur qualité de vie. Grâce à son «effet multiplicateur», l’alphabétisation contribue à éliminer la pauvreté, réduire la mortalité infantile, infléchir la croissance démographique, atteindre l’égalité des sexes et assurer le développement durable, la paix et la démocratie.

Un cours d’alphabétisation dans le district de Mu Cang Chai, province de Yên Bai (Nord). Photo : Trung Kiên/VNA/CVN

C’est pourquoi le Parti et le gouvernement vietnamien ont toujours attaché de l’importance au mouvement d’alphabétisation, avec des succès remarquables.
«Le Vietnam a accompli d’importants progrès en termes d’alphabétisation, notamment dans la tranche d’âge des 15-25 ans», estime Katherine Muller-Marin, représentante en chef du Bureau de l’UNESCO au Vietnam. «Mais les  défis demeurent», tempère-t-elle.

Actuellement, on compte dans le monde 775 millions d’analphabètes,  dont plus de 1,3 million au Vietnam. Par analphabétisme on n’entend pas seulement l’incapacité à lire et écrire, mais aussi l’incapacité à utiliser des compétences en alphabétisme.

Au Vietnam, chaque année en moyenne, 35.000 personnes ont participé à des cours d’alphabétisation, 22.000 à des cours de post-alphabétisation et 13 millions à des cours de perfectionnement des connaissances dans les centres d’études communautaires. Durant l’année scolaire 2014-2015, ces  chiffres ont été de 27.512, 12.867 et 18 millions. 

Selon Nguyên Công Hinh, chef du Département de l’éducation permanente (ministère de l’Éducation et de la Formation), durant l’année scolaire 2014-2015, seulement 2,09% des analphabètes ont suivi des cours d’alphabétisation, soit 27.512 personnes.

L’alphabétisation rencontre actuellement des difficultés car les analphabètes sont essentiellement des personnes âgées, des membres d’ethnies minoritaires vivant dans des régions reculées et défavorisées. Souvent, elles n’ont pas conscience de la nécessité et de l’intérêt à savoir lire et écrire, pour elles-mêmes et le développement de la communauté. De plus, dans le cas précis des habitants d’ethnies minoritaires où le vietnamien n’est pas la langue natale, après avoir alphabétisés, ceux-ci n’ont souvent pas l’occasion d’écrire ou de lire cette langue, et donc «la rechute» est inévitable.

«Malgré tout, par rapport au chiffre de près de 800 millions d’analphabètes enregistrés dans le monde donné par l’UNESCO, le Vietnam peut être fier de ses résultats», estime  M. Hinh. Depuis son agrandissement, la capitale compte la population la plus importante du pays. L’alphabétisation y est un grand défi. Nguyên Thin Xuân, président du club «Soldats de l’alphabétisme Nguyên Van Tô» à Hanoi, propose une  méthode d’alphabétisation dénommée «Enseigner les lettres simples avant et les lire à haute voix après». Depuis quelques années, le village de  Hoàng Mai à Hanoi a appliqué avec succès cette méthode. En un mois, les analphabètes peuvent lire et écrire couramment, contre trois mois par la méthode classique.

Des modèles efficaces

Hanoi a vu plusieurs modèles efficaces comme «Après le son des haut-parleurs, on fait ses devoirs du soir» dans la commune de Mai Dinh, district de Soc Son, ou «Après le son des tambours, on fait ses devoirs du soir» dans la commune de Dông Thai, district de Ba Vi. Les mouvements d’études et d’alphabétisation dans les communes et villages de Hanoi créent une atmosphère d’émulation propice à l’apprentissage.

Des enseignants de l’école primaire N°2 Pa Vê Su, district de Muong Tè, province deLai Châu (Nord) aident aux petits élèves à traverser un ruisseau pour aller à l’école. Photo : Quy Trung/VNA/CVN

En parallèle à l’alphabétisation, la capitale met aussi l’accent sur la formation à l’informatique. Selon le Service municipal de l’éducation et de la formation, chaque année, environ 1,4 million de travailleurs suivent des cours de perfectionnement ou d’apprentissage dans les centres de formation professionnelle, centres d’études communautaires, dans des filières aussi diverses que la mécanique, la cuisine, le textile, etc. Ces cours d’apprentissage permettent d’améliorer les rendements, d’assurer des revenus stables aux apprenants, contribuant au développement socio-économique des localités.

L’alphabétisation est la base du développement de la main-d’œuvre et de la compétitivité du pays. Le pays est en train d’élaborer une société basée sur un apprentissage tout au long de la vie afin d’élever la capacité de production, booster l’économie et s’orienter vers le développement durable. L’alphabétisation doit être reliée aux mouvements d’édification de la Nouvelle  ruralité, de familles dites «civilisées». -CVN/VNA