Opérations avec la clientèle à la HDBank. Photo: VNA
Hanoi (VNA) - La banque d’Etat a ​élaboré ​la feuille de route ​de la restructur​ation des organismes ​bancaires fin 2011, et a ​lancé son application en février 2012. Il s’agit de l’un des trois premiers projets ​majeurs de la restructuration de l'économie nationale.

Le projet de restructur​ation des organismes ​bancaires pour la période 2011-2015 a donné des résultats positifs, mais le rythme global ​de sa mise en oeuvre reste lent et exige des mesures radicales ​afin de respecter les délais prévus.

​Depuis le début de l’année, la Banque d’État du Vietnam (BEV) a acquis trois banques commerciales déjà placées sous contrôle spécial : la Banque de construction du Vietnam (VNCB), la banque Dầu khí toàn cầu (PG Bank) et la banque Đại Dương (OceanBank).

 

C’est la première fois que la BEV utilis​e un de ses droits régaliens prévus par la loi sur les banques et réglementés par la décision N°48 datant de 2013 du Premier ministre : l’acquisition imposée de la totalité des actions pour 0 dông, et le prononcé de l’extinction des droits et des intérêts des actionnaires existants.

Une mesure extra-ordinaire qui est ni plus ni moins qu’une expropriation forcée, mais justifiée par les intérêts en jeu, autrement importants, que ceux des actionnaires : la pérennité du système bancaire d’un pays en voie de développement parvenu au stade délicat de pays de revenu moyen... Cette mesure exceptionnelle sanctionne l’incapacité des actionnaires à convenir d’une restructuration et marque le passage à la deuxième phase de la restructuration du système bancaire national : celle de la réorganisation forcée, après une première, libre et consensuelle.

Ces acquisitions au prix de zéro dông étaient un impératif pour faire échapper les banques au scénario de la faillite. La Loi sur les banques permet à la Banque centrale de prendre une participation dans les banques commerciales de faible capacité financière, et même de figurer au sein de leurs instances dirigeantes jusqu’à l'amélioration de leur situation qui justifie alors son retrait et la cession de sa participation.

En effet, des risques de perte des capitaux de ces trois banques sont observés depuis fin 2011. Mais les efforts de règlement de la situation par les intéressées n’ont porté aucun fruit, et c’est pourquoi la BEV a décidé d’acquérir ces établissements au prix de zéro dông sur le fondement de l’article 149 de la loi sur les banques. Ce dernier dispose que la Banque centrale a le pouvoir d’acquérir des banques de faible capacité financière dans le cas où elles ne parviennent pas à réaliser une augmentation de capital comme la loi l’oblige. Le prix des banques acquises est liquidé sur la base de la valeur de leurs actions sur le marché et, en l’espèce, elle était négative, a précisé Nguyên Huu Nghia, inspecteur en chef de la Banque centrale.

Les banques qui ne sont pas concernées par cette disposition s'efforcent d'augment​er leur capital social pour sécuriser leur situation financière.

La Banque militaire a ​porté son capital ​social à 16 milliards de dôngs (717.1 millions de dollars), et les SHB et VPBank ​ont augmenté le leur de 1,6 milliards de dôngs (71,7 millions ​dollars) et de 1,1 milliards de dôngs (49,3 millions dollars).

Le capital ​social de VietinBank s'élève à 40.200 milliards de dongs après sa fusion avec PGBank, celui de la BIDV, à 31.481 milliards de dongs, après sa fusion avec MHB.

Le directeur général adjoint de la Banque d'investissement et de développement du Vietnam (BIDV), M. Tran Phuong, a déclaré que les opérations de restructuration ​sont satisfaisantes jusqu'à maintenant. Le marché est de plus en plus stable et les taux d'intérêt sont en baisse.

La plupart des mesures de réforme ont été menées volontairement, sans intervention de l'État, a-t-il dit. Une évolution positive selon lui,  puisqu'il y a un an, ​une telle intervention aurait été nécessaire. -VNA