La BEV a décidé le 12 août d’étendre la plage de variation du taux de change de +/- 1 % à +/- 2 %, premier changement depuis février 2011.

La Banque d’État du Vietnam a décidé le 12 août d’étendre la plage de variation du taux de change de +/- 1 % à +/- 2 %, premier changement depuis février 2011. Cette décision permet de donner des initiatives et un aménagement souple en matière d’application du taux de change devant les évolutions du marché international, a expliqué Mme Nguyên Thi Hông, vice-gouverneur de la banque centrale.

Depuis le début de l’année, le marché international a témoigné de fluctuations irrégulières, hors des prévisions des institutions domestiques comme étrangères : chute du cours du pétrole, dégradation de l’économie européenne, crise économique en Grèce... Le dollar américain a fortement augmenté, entraînant une large pression sur la parité dollar-dông. La Banque d’État du Vietnam (BEV) a pris des mesures synergiques et efficaces pour stabiliser le marché des devises et maintenir le taux de change pendant ces sept derniers mois, a rappelé Mme Nguyên Thi Hông. Pourtant, après la dévaluation du yuan, la BEV a décidé d’étendre la fourchette de variation du taux de change afin de prévenir tout effet négatif et soutenir les exportations, a-t-elle précisé.

Le 13 août, la Chine a baissé de plus de 1% le taux de référence du yuan face au dollar, une forte réduction pour un troisième jour consécutif, accentuant de facto la dévaluation de sa monnaie, a annoncé l’opérateur national du marché des changes PBOC (Banque populaire de Chine). C’est le troisième jour consécutif que l’institution réduit nettement ce taux de référence, déjà baissé de presque 2% le 11 août, puis d’environ 1,6% le 12 août. C’est la plus brutale dépréciation enregistrée par la monnaie chinoise depuis plus de deux décennies et la mise en place par Pékin du système de change actuel. Les annonces de la PBOC ont été considérées comme autant de dévaluations successives du yuan, même si la banque centrale s’en défend, assurant qu’il s’agit au contraire de rapprocher sa valeur des réalités du marché.

Une décision raisonnable et opportune

La BEV ne réalise pas d’ajustement du taux de change moyen sur le marché interbancaire, mais elle adopte une plus grande plage de variation. C’est une décision idoine pour créer un surcroît de souplesse et un mécanisme d’opération ouvert. C’est le rapport offre-demande sur le marché qui décide du taux de change, a rappelé Dinh Duc Quang, vice-directeur général de la banque OCB.

La décision de la BEV ne bouscule pas les facteurs du marché monétaire. C’est une décision opportune, a déclaré Lê Thành Trung, vice-directeur général de la HDBank. En effet, la Chine est le plus grand partenaire commercial du Vietnam. La dévaluation du yuan permet aux entreprises chinoises de bénéficier de produits d’une plus grande compétitivité. La politique de change de la banque centrale du Vietnam a le même but. En principe, cette hausse de fourchette n’affecte pas les transactions de la banque. La balance du commerce du Vietnam est totalement équilibrée et les réserves nationales en devises du Vietnam sont assurées pour garantir la valeur du dông vietnamien, a ajouté Lê Thành Trung.

La décision de la BEV ne bouscule pas les facteurs du marché monétaire. C’est une décision opportune.

Le vice-directeur général de la banque ACB, Nguyên Thanh Toai, a affirmé que la décision de la BEV favorise les transactions en devises des banques commerciales. Cette décision ne conduit pas à une hausse du taux de change. Juste après l’annonce de la BEV, le prix du dollar américain sur le marché vietnamien a augmenté jusqu’à 22.080 dôngs le dollar. Après une chute à 20.050 dôngs le 12 août, le prix a encore une fois augmenté à 22.100 dôngs le 13 août. Selon les banques, malgré une hausse du prix, le marché ne  manque pas du dollar. Fin juillet, la BEV a informé que les résserves nationales en devises ont atteint 37 milliards de dollars et dix tonnes d'or.

Cependant, certains spécialistes estiment que la décision de la BEV souligne les incidences, à commencer sur le coût des importations du pays... -CVN/VNA