Quang Ninh (VNA) - La pagode Dông trône au sommet du mont Yên Tu (Quang Ninh, Nord-Est). Elle fait partie d’un ensemble de sites pittoresques où il y a plus de 700 ans, le roi Trân Nhân Tông s’installa pour mener une vie religieuse ascétique et fonder la secte bouddhique Truc Lâm.

La fameuse pagode de bronze au sommet du mont Yên Tu, à plus de 1.000 m d’altitude. Photo: VNA
La pagode Dông (Bronze), surnommée Thiên Truc Tu ou pagode Thiên Truc, est située à une altitude de 1.068 m, le plus haut sommet du mont Yên Tu qui relève de la chaîne de montagne de Dông Triêu, au Nord-Est du Vietnam. Le mont Yên Tu se trouve à environ 50 km à l’ouest de la ville de Ha Long. Le tracé sinueux du pèlerinage qui part du pied de la montagne et mène à son sommet s’étire sur presque 30 km.

L’édifice religieux fut construit sous la dynastie des Lê (980-1009). Cet ouvrage en bronze était si petit que personne ne pouvait y pénétrer. Il avait la forme d’une pagode devant laquelle les fidèles venaient se prosterner en brûlant des bâtonnets d’encens.

Au printemps de l’année Dinh Hoi, en 2007, une pagode en bronze a pris la place de ce minuscule pagodon. Couvrant une superficie de 20 m2, elle est constituée de plus de 70 tonnes de bronze pur et mesure 4,6 m de long, 3,6 m de large pour 3,35 m de hauteur. Elle a la forme d’un lotus en fleurs.

La construction comporte 16 colonnes en bronze. À l’intérieur, quatre grandes statues de 4 tonnes, elles aussi de ce métal, sont placées sur l’autel : le Bouddha Shakyamuni et les trois fondateurs de la secte bouddhique Truc Lâm (Trân Nhân Tông, Phap Loa et Huyên Quang). En face de la pagode, une cloche pesant 0,44 tonne pour une hauteur de 1,52 m et 0,9 m de diamètre.

Jusqu’à présent, c’est la plus lourde des pagodes en bronze en Asie. Cette «perle de Yên Tu», détient actuellement de nombreux titres et records.

Berceau de la secte zen Truc Lâm

Un peu d’histoire à présent : c’est à Yên Tu que le roi Trân Nhân Tông (1258-1308), après avoir cédé le trône à son fils, décida de mener une vie religieuse en ermite. Il y fonda la secte zen Truc Lâm et ce lieu devint le grand centre national du bouddhisme.

Pèlerinage sur la terre sacrée de Yên Tu. Photo: VNA
Selon le Vénérable Thich Thanh Quyêt, chef du Conseil d’administration bouddhiste de la province de Quang Ninh et responsable de la pagode Dông, au cours des premières années de sa vie religieuse, en dehors de l’étude du Dharma, le roi bouddhiste Trân Nhân Tông a également fait construire des pagodes, des temples et des stupas d’une valeur architecturale et artistique particulière, comme les pagodes Dông, Bi Thuong, Suôi Tam, Câm Thuc, Lân, Giai Oan, Hoa Yên, etc.

Selon la légende, les gens peuvent ici faire appel à l’«énergie cosmique». Ce flux d’énergie est la source de tout bonheur dans ce monde, qui provient de nos vies.

Chaque année, à partir du 10e jour du premier mois lunaire et les trois mois suivants, des milliers de pèlerins affluent de partout vers le mont Yên Tu pour assister au Festival éponyme, commémorer le roi bouddhiste Trân Nhân Tông, rendre le culte à Bouddha et sentir l’atmosphère du printemps.

Autrefois, pour atteindre le sommet, il n’y avait pas d’autre alternative que de grimper par les chemins escarpés, ponctuées d’innombrables rangées de marches. Ce qui demande une bonne dose de motivation. Aujourd’hui, il est possible d’emprunter le téléphérique pour aller jusqu’à la pagode Hoa Hiên et terminer à pied jusqu’au sommet avec la pagode de bronze, laquelle culmine à 1.068 mètres d’altitude. Cependant, pèlerinage oblige, la plupart des visiteurs bien portants préfèrent emprunter le tracé d’antan. - CVN/VNA