vendredi 18 août 2017 - 04:42:59

La maison-jardin d’An Hiên fait honneur à la beauté de Huê

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D’architecture traditionnelle, la maison-jardin d’An Hiên permet de humer l’atmosphère de Huê (province de Thua Thiên-Huê, Centre) d’autrefois. Elle est étroitement liée à une personne bien connue : Mme Nguyên Dinh Chi.

An Hiên signifie « Véranda de la quiétude ». La maison-jardin d’An Hiên est située 58, rue Nguyên Phuc Nguyên, dans le hameau de Xuân Hoà (commune de Huong Long). Elle a changé à plusieurs reprises de propriétaire. Avant 1895, elle était la résidence privée de la 18 e fille du roi Duc Duc. Après 1895, elle est revenue à Pham Dang Khanh (ou Pham Dang Thâp), neveu de l’archiduc Pham Dang Hung sous le règne du roi Gia Long. En 1920, M me Khâm Diêp a pris la relève.

En 1936, M. Tham Tê, fils de M me Diêp, l’a vendu au gouverneur de la province de Hà Tinh (Centre), Nguyên Dinh Chi. Après sa mort, sa femme Dào Thi Xuân Yên - ou M me Nguyên Dinh Chi - a continué de se charger de l’entretien et de la préservation de cet ouvrage, jusqu’à sa mort en 1997. Grâce à elle, An Hiên est devenue une des adresses culturelles de l’ancienne capitale impériale Huê. Actuellement, ce sont sa belle-fille et ses quatre petits-fils (résidant en France) qui en ont héritée.

Une maison typique du vieux Huê

S’étendant sur 4.608 m² et donnant sur la rivière des Parfums, An Hiên est une maison-jardin typique de Huê. Sa principale caractéristique est l’harmonie. Cette maison de plain-pied a un toit orné de têtes de tigre et des dessins stylisés sur les deux côtés. Au milieu de l’entrée et sous le toit trônent les deux idéogrammes «An Hiên» en morceaux de céramique verts et blancs sur fond noir. Au-dessus deux chauves-souris déploient leurs ailes tout en regardant vers le bas.

La porte d’entrée de la maison-jardin An Hiên.
Dans la pièce centrale repose l’autel des ancêtres. Le chemin qui mène à la maison mesure 34 m de long et traverse un espace verdoyant. Des arbres fruitiers typiques de Huê, mais aussi des centaines de fleurs, des plus banales comme jasmin, églantier, grenade, tournesol aux plus élégantes comme les orchidées. Et puis aussi des rosiers importés d’Europe, des fleurs de myrte sauvage et un camélia offert par l’Association japonaise des floriculteurs.

La propriétaire la plus connue de la maison-jardin d’An Hiên est M me Nguyên Dinh Chi ou M me Tùng Chi (nom de jeune fille : Dào Thi Xuân Yên). Cette dame, aujourd’hui décédée, est née dans la province de Binh Dinh (Centre) mais avait un amour spécial pour Huê. Outre le culte de son mari défunt, les soins aux enfants et la lutte contre les envahisseurs, Mme Chi a accordé une grande attention à la préservation des valeurs culturelles de Huê.

Une patronne spéciale

Son mari, Nguyên Dinh Chi (né en 1888), a été reconnu en 1912 « cu nhân» (licencié) sous le règne du roi Duy Tân, puis a occupé le poste de chef du district d’An Nhon (Binh Dinh). Sa première femme est morte jeune. Un jour que ce mandarin allait à son travail, il a vu la famille de Dào Thai Hanh donnant volontairement de l’eau aux passants. Admiratif devant cette générosité désintéressée, il lui a rendu visite. Le résultat de cette rencontre fortuite fut le mariage entre Nguyên Dinh Chi et Dào Thi Xuân Oanh (née en 1903).