Hô Chi Minh-Ville (VNA) - Derrière les pirouettes et sauts périlleux à 2 m de hauteur se cachent des séances d’entraînement de cheerleading aussi spectaculaires qu’harassantes et dangereuses. Pourtant, cette discipline sportive compte déjà beaucoup d’adeptes.

Il existe une vingtaine de clubs de cheerleading dans les universités et IUT de Hô Chi Minh-Ville. Photo : Lê Lâm/VNA/CVN

Tout droit venu des États-Unis, le cheerleading (littéralement  mener et animer les encouragements) est une discipline sportive faite de danses, d’acrobaties et de chants. Le principe ? Proposer au public des chorégraphies aussi spectaculaires que maîtrisées. Au Vietnam, cette discipline sportive s’est rapidement fait une place auprès des jeunes citadins.

Les risques bien maîtrisés

Le cheerleading demande force, souplesse mais aussi précision et créativité pour renforcer l’intensité globale du spectacle. Il faut, de surcroît, aimer le goût du risque, sans pour autant être une tête brûlée, car la blessure guette à chaque instant.

À la Maison de culture de la jeunesse de Hô Chi Minh-Ville, l’heure est à l’entraînement. Une dizaine de jeunes réalisent divers mouvements tels que pyramides (de deux ou trois étages), jumps (sauts effectués sur place) et stunts (cascades) - où une flyer (voltigeuse) est portée ou lancée dans les airs - le tout bien sûr avec de la danse et au son d’une musique très rythmée. Une fille est lancée dans les airs et fait des acrobaties avec le soutien de quatre garçons. Soudain, elle fait un faux pas et retombe. Le temps semble s’arrêter... Heureusement, ses coéquipiers sont là pour la réceptionner en toute sécurité. Soupir de soulagement général. Un petit incident qui entraîne, l’espace de quelques minutes, la suspension de la séance.

Le cheerleading est un sport d’équipe où le rôle de chaque membre est crucial pour le succès de la chorégraphie. Photo : CTV/CVN

«Les blessures se multiplient pendant l’entraînement lorsque les +flyers+ font une erreur lors d’un +stunt+. Mais les risques de blessures sont plus élevés chez les porteurs car ces derniers doivent réceptionner les +flyers+ avec l’effet de la gravité. Avoir mal aux poignets, au pied ou saigner du nez font partie des risques avec lesquels il faut savoir cohabiter», dévoile Vo Thành Nhân, un doyen du club de la Maison de culture de la jeunesse de Hô Chi Minh-Ville.

Pour l’heure, le club de l’Université internationale figure dans la liste des «top clubs» du Vietnam. Comme ils donnent de nombreuses représentations, ses membres souffrent souvent de blessures. «Cela fait maintenant six ans que je pratique cette discipline. Je me blesse tous les deux ou trois mois en moyenne. Tout récemment, je me suis luxé le bras. J’en ai pour un mois de convalescence...», confie Lê Ngoc Tân, aujourd’hui à la tête du club.

De l’avis des pratiquants, l’exigence et la dangerosité font le sel de la discipline. «Outre le fait que le cheerleading permette de se renforcer sur le plan physique, ce sport est excellent pour la confiance en soi. Il m’a aidée à bien m’adapter à la vie dynamique de Hô Chi Minh-Ville, moi qui était très réservée en arrivant ici, un endroit que je ne connaissais pas», partage Pham Thi Hoàng Trang, étudiante à l’École secondaire Bach Viêt.

À quand une fédération ?

Si le cheerleading ne sera certainement jamais un sport olympique, il possède ses propres championnats du monde. Photo : CTV/CVN
D’après Dinh Anh Tuân, entraîneur du club de la Maison de culture de la jeunesse de Hô Chi Minh-Ville, cette discipline est un sport d’équipe où le rôle de chaque membre est crucial pour le succès de la chorégraphie. Les membres sont extrêmement soudés parce qu’ils dépendent vraiment les uns des autres. Si quelqu’un fait une erreur lors d’un stunt, tout le monde qui en pâtit. Cela crée aussitôt des liens très forts. La présence aux entraînements et compétitions est primordiale, chaque absence pénalise dès lors le reste de l’équipe.

Au Vietnam, le cheerleading n’est pas encore reconnu par les autorités sportives, en l’absence d’une fédération. «Cette discipline séduit de plus en plus de lycéens et d’étudiants dans les quatre coins du pays. Néanmoins, chaque année, seuls un tournoi ou deux sont organisés à l’échelle nationale. C’est trop peu en comparaison des effectifs dont nous disposons aujourd’hui et qui veulent se mesurer en compétition», insiste Dinh Anh Tuân.

Dans l’optique de donner à ce sport plus de visibilité, les jeunes de la Maison de culture de la jeunesse de Hô Chi Minh-Ville ont organisé des programmes d’échange interclubs. Ils ont aussi invité des membres de la Fédération singapourienne de cheerleading à venir au Vietnam pour partager leurs expériences et techniques. Tout récemment, le programme baptisé Vietnam Cheer Fest - consacré à la réalisation des pyramides - a eu lieu au Palais des sports de Rach Miêu, arrondissement de Phu Nhuân, avec la participation d’une centaine de jeunes.

À noter enfin qu’avec la naissance du club Go-Team, la Maison culturelle de la jeunesse de Hô Chi Minh-Ville a été le premier établissement vietnamien à organiser des cours de cheerleading. Au début, le prix de la licence était de 100.000 dôngs par mois et par personne. Puis, dans l’optique d’en faire un lieu ludique, les cours sont devenus gratuits, sans exception. -CVN/VNA