La scientifique Truong Hai Nhung, spécialiste des cellules souches. Photo: VNA
Les femmes peuvent et doivent s’engager dans des carrières scientifiques et celles qui le font réussissent aussi bien que les hommes. À l’image de ces jeunes femmes de science récemment félicitées par le Premier ministre Nguyên Tân Dung.

En septembre dernier, 72 jeunes éminents  scientifiques, âgés de moins de 35 ans ont été félicités par le Premier ministre Nguyên Tân Dung. Parmi eux, dix femmes. «Vous avez considérablement contribué non seulement au développement des sciences au Vietnam, mais aussi aux recherches et aux innovations dans le monde», leur a dit le chef du gouvernement.

Qu’on se le dise : la science n’est pas l’apanage des hommes! Bien qu’elles ne soient pas toujours récompensées à la hauteur de leurs contributions, les femmes constituent elles aussi une ressource inestimable. Rencontre avec quelques-unes de ces jeunes scientifiques vietnamiennes à l’avenir prometteur.

Trente ans et déjà un beau parcours

L’agrégée Truong Hai Nhung était la plus jeune des femmes scientifiques ayant eu l’honneur de rencontrer le Premier ministre. Née en 1985, Nhung est enseignante au Département de zoologie et de physiologie animale de l’Université des sciences naturelles de l’Université nationale de Hô Chi Minh-Ville. Bien que trentenaire, elle a déjà à son actif 9 sujets et projets scientifiques dans les biotechnologies et cellules souches, 22 articles publiés dans des revues internationales et 12 interventions dans des conférences internationales.

La technologie des cellules souches est un secteur encore assez nouveau au Vietnam. Elle et ses collègues ont rencontré pas mal de difficultés en termes de fonds et d’équipements. «Lors de ma 3e année universitaire, je devais héberger des souris dans mon appartement, car le laboratoire de l’école était plein», s’amuse-t-elle. Et d’ajouter que «grâce aux efforts des professeurs Phan Kim Ngoc, Pham Van Phuc et des étudiants de l’Université des sciences naturelles de l’Université nationale de Hô Chi Minh-Ville, le premier laboratoire national de cellules souches a vu le jour en 2007».

La recherche scientifique demande une certaine abnégation. La plus grande difficulté pour une femme mariée est de concilier travail et famille.  «Beaucoup de personnes me demande pourquoi je n’ai pas choisi un métier qui me laisse plus de temps pour ma famille. Mais j’adore la recherche scientifique, je ne peux m’en passer, confie Nhung. L’une des choses les plus importantes pour les jeunes scientifiques, c’est la passion. Seuls la passion et l’enthousiasme aident à surmonter les obstacles et à rester fidèles au chemin que nous avons choisi».

Trois ou quatre heures de sommeil par nuit

Le Docteur Nguyên Thi Thu Hà, enseignante au Département des technologies de l’information de l’Université d’électricité, est aussi une jeune scientifique souvent prise en exemple.

Née en 1980, Thu Hà est l’auteur de 8 articles publiés dans des revues scientifiques internationales, 13 interventions à des conférences internationales et 5 ouvrages scientifiques appliqués dans la vie courante, tels que le projet de gestion et de formation des cadres au sein du groupe Électricité du Vietnam, le système de synthèse des informations économiques, etc.

Elle souhaitait devenir diplomate mais sa rencontre avec le secteur des technologies de l’information en a décidé autrement. Depuis dix ans, elle est tellement prise par son travail qu’elle ne dort que trois ou quatre heures par nuit : «Quand mes amis voient que mes courriels sont envoyés à 3 heures du matin, ils me demandent pourquoi je veille si tard !».

«Le secteur des technologies de l’information demande de la créativité. Les technologies évoluent en permanence. Il faut suivre le rythme, sous peine d’être rapidement dépassé», répond-t-elle.

Parmi ces dix jeunes femmes scientifiques, certaines ont remporté des prix internationaux prestigieux, notamment le Docteur Trân Hà Liên Phuong. Maître de conférences au Département de génie biomédical de l’Université nationale de Hô Chi Minh-Ville, elle est l’une des quinze lauréates du prix L’Oréal-UNESCO «pour les femmes et la science», dans la catégorie «Talents prometteurs de demain». Ce qui en fait la première scientifique vietnamienne a remporté ce prix.

La 17e cérémonie de remise des prix L’Oréal-UNESCO pour les femmes et la science a eu lieu le 18 mars dernier dans le Grand amphithéâtre de la Sorbonne à Paris, devant un public de 700 personnes composé d’experts et de leaders d’opinion (scientifiques, institutionnels, médias…). Cinq femmes scientifiques d’exception et quinze jeunes chercheuses ont été honorées.

Le travail de Trân Hà Liên Phuong porte sur le système micellaire contenant du fucoïdane dans des applications thérapeutiques et le support d’observation de tissus cancéreux au Vietnam. Il permettra de mieux traiter cette  maladie avec des coûts plus bas et moins d’effets secondaires. -CVN/VNA