vendredi 18 août 2017 - 10:16:27

Infrastructures aéroportuaires : des concessions au secteur privé

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Le ministère des Transports et des Communications a présenté au gouvernement un projet d’ouverture au secteur privé des concessions publiques de l’exploitation d’aéroport. Entretien avec Nguyên Hông Truong, vice-ministre des Transports et des Communications.

Quelle est la logique qui a prévalu à l’élaboration de ce projet ?

Les infrastructures aéroportuaires demandent des investissements importants. Chaque année, le budget de l’État ne peut garantir que des travaux essentiels et le pays doit compter sur les aides publiques au développement (APD). Dans ces conditions, le secteur privé est appelé à s’impliquer dans le développement des infrastructures aéroportuaires nationales.

Dans ce projet, nous devons définir correctement les modalités afin que les acteurs privés - vietnamiens ou étrangers - y trouvent un intérêt suffisant, entendez par là des conditions d’exploitation rentables, tout en assurant le rôle de gestion étatique. En l’état, le ministère des Transports et des Communications, qui vient de soumettre ce projet au Premier ministre Nguyên Tân Dung a été chargé de recueillir les avis des autres ministères concernés par cette ouverture au secteur privé, ainsi que d’élaborer les plans de cette dernière, afin de lui en faire rapport dans les meilleurs délais.

L’octroi de concessions publiques d’aéroports à une entreprise privée est-il une «révolution» au Vietnam ?

En quelque sorte, oui ! Actuellement, l’implication d’acteurs privés est limitée à la participation au capital de la structure chargée de l’exploitation d’un aéroport, ce qui limite nos capacités d’attrait au seul plafonnement de cette participation au capital, qui en outre est de moins de 51%. Autant dire que l’attrait de tels projets aux yeux de tels investisseurs est faible. Avec ce projet, le ministère des Transports et des Communications établira au gouvernement une grille de participation du secteur privé qui pourrait atteindre, selon le secteur d’activité, de 51% à 100%. C’est là une grande nouveauté.

Comment seront faites l’évaluation de la valeur des infrastructures des aéroports et la procédure de concession du droit de l’exploitation aux investisseurs ?

L’évaluation sera fondée sur les dispositions juridiques. Selon le plan, nous inviterons un organisme évaluateur indépendant pour exécuter ces travaux. Ce sera peut-être un organisme présenté par le ministère des Finances en vue de garantir des procédures précises et transparentes.

Comment ce projet est-il accueilli par les intéressés ?

Positivement, nous avons déjà plusieurs aéroports et ports maritimes qui sont très favorables à cette ouverture et, de même, nous avons reçu des déclarations d’intérêt de deux investisseurs pour la concession d’un aéroport. Leur concurrence souligne l’importance d’assurer la plus grande transparence des procédures d’attribution qui, après un processus d’évaluation, reposera sur la négociation de gré à gré avec notre ministère, ou une adjudication publique.

L’aéroport de Phu Quôc pourrait être ouvert au secteur privé?

Le ministère des Transports et des Communications a demandé l’autorisation au Premier ministre Nguyên Tân Dung de céder l’entière participation de l’État dans l’exploitation des infrastructures de l’aéroport de Phu Quôc, dans la province de Kiên Giang (Sud), et d’une partie de celles dans l’aéroport de Dà Nang. L’aéroport de Phu Quôc sera le premier à expérimenter cette nouvelle possibilité, et il est d’ores et déjà prévu que le projet d’agrandissement de celui-ci fera appel aux investisseurs privés, indique Lai Xuân Thanh, directeur du Département de l’aviation civile du Vietnam.

L’ouverture au secteur privé par le gouvernement encouragera la construction de petits aéroports au profit de toutes sortes de services aériens : vols commerciaux, mais aussi de secours et de sauvetage, ajoute-t-il. Cette ouverture permettra également aux provinces et villes de construire des aéroports et des pistes en faisant appel aux capitaux domestiques ou étrangers afin de soutenir le développement socio-économique local sans recourir au soutien de l’État. -CVN/VNA
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