Jakarta (Indonésie), jeudi. Un blindé de la police devant le café Starbucks qui a notamment été visé par des tirs. Photo: Reuters

Jakarta  (VNA) - Au moins sept personnes, dont quatre assaillants, ont été tuées jeudi matin dans une série d’explosions suivies d’échanges de coups de feu au cœur de la capitale indonésienne Jakarta.

Au total sept explosions auraient été entendues. Certaine liées à des grenades d’autres peut-être liée à des ceintures d’explosifs qui ont éclaté près du Sarinah Mall, un complexe commercial situé près de plusieurs ambassades occidentales et de l’immeuble de l’ONU et fréquenté par de nombreux touristes.

Le lieu des déflagrations est un grand carrefour du centre de Jakarta, devant le bureau de l’ONU. Des hommes armés de grenades et de fusils - une quinzaine, selon les médias locaux - auraient notamment ciblé un café Starbucks et un restaurant Burger King situé tout près du mall, au pied du Cakrawalla Building. Les assaillants ont fait au moins trois victimes.

Sur place, après l’arrivée des forces de l’ordre, une fusillade s’est engagée. Selon la police, quatre assaillants dont deux kamikazes ont été tués. Ce qui signifie que certaines bombes pourraient avoir été portées par des terroristes. Le nombre total de personnes appartenant au commando reste flou.  

Les forces de sécurité ratissaient la zone, avertissant du risque que des tireurs y soient toujours embusqués. "Pour le moment, les coups de feu ont cessé mais des tireurs sont toujours en fuite, nous redoutons de nouveaux coups de feu", a expliqué un porte-parole de la police nationale, Anton Charliyan, à l’AFP.

Très vite, plusieurs ambassades de la ville ont demandé à leurs ressortissants de se montrer extrêmement vigilants. Lançant une alerte sur son compte Twitter, l’ambassade de France à Jakarta ​a ainsi appelé les Français à "limiter autant que possible leurs déplacements en ville" et à ne pas se rendre à l’ambassade.

Starbucks a décidé de fermer tous ses cafés à Jakarta jusqu’à nouvel ordre et "par précaution". "Nous suivons de près cette situation", a annoncé le géant américain dans un communiqué émis de son siège à Seattle.

Ces attaques n’ont pas encore été revendiquées, et l’identité et les motivations des attaquants demeuraient encore incertaines, mais le président indonésien Joko Widodo a d’emblée qualifié ces attaques "d’actes terroristes".

"Notre nation et notre peuple ne devraient pas avoir peur, nous ne serons pas vaincus par ces actes terroristes", a déclaré le chef de l’État indonésien à la chaîne de télévision Metro TV, ajoutant que les autorités "condamnaient cet acte qui a perturbé la sécurité et semé la terreur parmi la population".   

L’Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde, avait été précipitée dans sa propre "guerre contre le terrorisme" par les attentats de Bali en 2002 (202 morts). Mais l’archipel n’avait pas connu d’attentats majeurs depuis ceux qui ont fait neuf morts en juillet 2009 dans des hôtels de luxe à Jakarta.

La police indonésienne était en alerte maximale pendant les fêtes de fin d’année en Indonésie, après avoir déjoué un attentat suicide projeté à Jakarta pour le Nouvel An par des extrémistes présumés pour certains liés au groupe djihadiste État islamique (EI). – VNA