Hanoï (VNA) - Seulement 45% des universités et écoles supérieures mettent en place un enseignement de compétences douces (soft skills) et de savoir-faire parallèlement à leurs cours magistraux. En outre, dans ces établissements, les compétences non techniques ne représentent que 3% des programmes. C’est bien insuffisant pour une intégration effective à l’international de la future main–d’œuvre vietnamienne.


Les cours pratiques permettent aux étudiants d’acquérir plus de compétences dites douces.

La Communauté économique de l'ASEAN (AEC) célébrera le 31 décembre sa première année d’existence et, conformément à la feuille de route définie pour sa mise en place, les professionnels des huit secteurs de métier que sont dentisterie, aide-soignant, ingéniérie, construction, comptabilité, architecture, arpentage et tourisme, bénéficieront de la liberté de déplacement de personnel au sein de l'AEC.

Dans un futur proche, de nombreux autres groupes socioprofessionnels bénéficieront de la même opportunité.

Aussi les élèves, les étudiants et les jeunes travailleurs vietnamiens auront de nouveaux défis à affronter dans leur domaine professionnel, puisque les ressortissants de l’ASEAN pourront librement être embauchés au Vietnam. Selon les rapports de la Banque mondiale (BM) sur la qualité des ressources humaines, le Vietnam est noté 3,79 points sur 10, à comparer aux 4,94 et 5,59 points de la Thaïlande et de la Malaisie.

Ces données et ces informations communiquées dans le cadre de l’intervention "Estimations des compétences non techniques des étudiants au Vietnam», d’un groupe d’auteurs de l’École supérieure d’industrie et de commerce de Hô Chi Minh-Ville, révèlent également les insatisfactions actuelles des enseignants comme des employeurs. Au rang des griefs déplorés, la passivité des étudiants dans leur intégration, leur niveau en langue étrangère, leur manque de savoir-faire et d’expérience pratique, leurs trop faibles capacités de communiquer et de travailler en équipe...

Ce groupe d’auteurs a souligné en particulier que moins de la moitié - 45% - des établissements de l’enseignement supérieur dispensaient des compétences douces, et que la formation aux compétences non techniques ne représentait que 3% des programmes d’études, outre des contenus différents s’agissant de ces dernières, faute de standardisation au niveau national par l’Éducation vietnamienne...

Des solutions proposées

Cette intervention a été entendue avec attention lors de la conférence «Impacts de la Communauté économique de l'ASEAN sur les élèves, les étudiants et les jeunes travailleurs d’Hô Chi Minh-Ville", organisée le 25 décembre par l'Union de la jeunesse communiste locale, parmi les 79 interventions présentées par 133 jeunes scientifiques de l’ensemble du pays.


Le tourisme a particulièrement besoin de personnels qualifiés.
Ces interventions étaient focalisées sur ces points : opportunités et défis de l'AEC pour les élèves, les étudiants et les jeunes travailleurs de la ville, solutions pour améliorer leurs compétences et leurs capacités d'intégration, appréciation de la position de la main-d'œuvre vietnamienne au sein de l'AEC...

La nécessité de ressources humaines hautement qualifiées en mesure de répondre aux exigences de l'intégration à un nouveau marché de l’emploi résultant de l’AEC est une priorité de premier ordre.

Selon les participants, le personnel présent actuellement à Hô Chi Minh-Ville se développe sur le plan des qualités professionnelles comme des compétences douces. Toutefois, cette évolution n’est constatée qu’en certains secteurs.

Par conséquent, il est nécessaire d’instituer des actions étroitement coordonnées entre les organismes de gestion, l'État, les entreprises et les établissements d'enseignement en vue d'améliorer comme de généraliser progressivement l’amélioration des ressources humaines, présentes comme futures.

Les délégués ont considéré qu’en dehors de prendre davantage de mesures pour une éducation de meilleure qualité, les jeunes devaient aussi rechercher activement, de leur côté, des informations, à développer leurs connaissances, à définir un plan d’études, ainsi qu’à améliorer leur niveau scientifiques et techniques, et acquérir en outre les compétences nécessaires requises sur un marché international de l’emploi.

Quant aux autorités, elles doivent chercher parallèlement à porter plus d’attention et d’importance à l’orientation professionnelle, ne serait-ce que pour permettre aux nouveaux apprenants de connaître les tendances du marché. -CVN/VNA