En l’espace de trois ans, le peintre Hô Dac Diêp a établi deux records nationaux : le plus grand tableau en ailes de papillon (en 2008) et le plus grand tableau en morceaux de papier (en 2010). Des matières premières singulières, et de nouveaux courants picturaux.

Originaire de Huê, province de Thua Thiên-Huê, Hô Dac Hiêp est à la fois sculpteur et peintre. Diplômé de l’Université des Beaux-arts de Huê, il a d’abord gagné sa vie en tant que sculpteur à Dà Nang. En 2000, il a déménagé à Hô Chi Minh-Ville où il a commencé une carrière de peintre.

Un peintre un peu spécial qui n’utilise pas de tubes de peintures comme ses collègues. «Un jour que j’étais dans la boutique d’un ami qui confectionne des cartes de vœux pour les fêtes, je l’ai vu orner ses cartes d’ailes de papillon séchées», explique Hô Dac Diêp. Il a décidé aussitôt d’expérimenter cette technique. Tout d’abord, il lui a fallu rechercher la matière première et donc partir à la chasse de milliers de papillons, qui abondent sous ces latitudes. Ensuite, il a classé les ailes par couleurs. «Avec 250 espèces, on peut tirer plus de 40 couleurs différentes. Des couleurs naturelles qui donnent aux tableaux une vivacité toute particulière», selon lui. 

Ses premières œuvres étaient de petite dimension, avec des thèmes inspirés de la campagne : auberge à toit de chaume au bord du chemin, paysannes buvant du thé, charrette à bœuf, basse-cour… et aussi de la vie scolaire : gracieuses écolières en ao dai (tunique fendue traditionnelle des Vietnamiennes) blancs, flamboyants aux fleurs rouges (la floraison de cette plante annonce la saison des vacances d’été), feuilles jaunes des badamiers dans la cour de l’école…