mardi 22 août 2017 - 06:57:56

Hô Chi Minh, fondateur de la presse révolutionnaire nationale

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Le Président Hô Chi Minh (1890-1969), leader hors du commun du Vietnam, héros de la libération nationale, fut aussi un journaliste talentueux. En 50 ans, il a signé 2.000 articles en vietnamien et en langues étrangères. Retour sur cet aspect moins connu de son œuvre.

La presse révolutionnaire vietnamienne célèbre, ce mois de juin, son 90e anniversaire (21 juin). Lorsqu’on évoque son histoire, impossible de passer à côté du rôle et des contributions du Président Hô Chi Minh dans son développement. Le 21 juin 1925, est paru le premier numéro du journal Thanh Niên (Les Jeunes), fondé par Hô Chi Minh. Une date qui marque la naissance de la presse révolutionnaire du Vietnam, dont l’activité a été profondément influencée par les pensées humaines de l’Oncle Hô.

Hô Chi Minh a commencé à faire du journalisme en 1919. Il a pratiqué ce métier jusqu’à sa mort, en 1969. En 50 ans de carrière, il a signé environ 2.000 articles - dont de nombreux en langues étrangères (français, chinois, anglais et russe) - utilisant près de 200 pseudonymes. Un record et un chiffre admirable pour n’importe quel professionnel. Durant sa lutte pour l’indépendance nationale, Hô Chi Minh a aussi été fondateur, cofondateur et rédacteur en chef de beaucoup de journaux dans le pays et à l’étranger.

Des papiers publiés à Paris


En 1919, alors qu’il vivait à Paris, Hô Chi Minh, sous le nom de Nguyên Ai Quôc (Nguyên le Patriote), a écrit son premier article mettant en lumière les noirs desseins des colons français au Vietnam, en réponse à un article paru le 27 juin 1919 dans Le Courrier Colonial, un journal soutenu par le régime colonial en Indochine.

Le 1er avril 1922, toujours en plein cœur de la capital française, le Paria, une publication en français dont il était le directeur et le rédacteur en chef, est paru. Nguyên Ai Quôc y a publié 30 articles de divers genres journalistiques. La plupart étaient destinés à dénoncer la machine et les crimes du colonialisme en Indochine et dans d’autres colonies. Après avoir quitté Paris pour l’Union soviétique (actuelle Russie), il a continué à diriger le Paria. Il était également correspondant pour L’International communiste, L’Humanité, La Vie ouvrière ou encore Pravda.

En 1924, Nguyên Ai Quôc est arrivé à Guangxi (Chine), alors le centre des mouvements révolutionnaires en Asie. Et ce pour préparer la fondation de l’Association des jeunes révolutionnaires vietnamiens, une organisation qui a préfiguré la fondation du Parti communiste indochinois, puis du Parti communiste vietnamien. Il y a fondé le journal Thanh Niên, l’organe de ladite Association, qui a été publié jusqu’en 1929.

Fondateur de journaux révolutionnaires


Après des années d’activités en Chine, Hô Chi Minh est revenu dans son pays natal, au printemps 1941, pour diriger le mouvement révolutionnaire du Vietnam. Entre 1941-1942, il s’est concentré sur les activités de l’Association pour le Salut national du Front du Viêt minh (Front de l’indépendance du Vietnam). Pour renforcer son activité, il a créé le journal Viêt Nam Dôc Lâp (Le Vietnam indépendant). Le premier numéro est sorti le 1er août 1941. La raison d’être de cette publication était précisée en Une: faire sortir les Vietnamiens de la pauvreté, faire du Vietnam un pays de paix et d’égalité.

Hô Chi Minh a régulièrement publié, dans tous les numéros du journal, de nombreux articles de différents genres journalistiques, qui dénoncent les crimes des colons français et du fascisme japonais au Vietnam, appellent le peuple vietnamien à s’unir pour faire la révolution. Ses analyses profondes et pointues sur la situation révolutionnaire ont permis aux militaires et habitants vietnamiens de comprendre les politiques du Parti communiste vietnamien, fondé en 1930.

Ce journal a grandement contribué à la propagande et à la sensibilisation du peuple aux préparatifs de la Révolution d’Août 1945. Après cette date, Viêt Nam Dôc Lâp a continué à être publié dans la région Cao-Bac-Lang (actuelles provinces de Cao Bang, Bac Kan et Lang Son). Outre Viêt Nam Dôc Lâp, Hô Chi Minh a dirigé directement d’autres journaux dont Tiên phong (L’Avant-garde), Co giai phong (Le Drapeau de la libération), Su thât (La Vérité) et Nhân Dân (Le Peuple).

Un style rédactionnel épuré


Hô Chi Minh savait vulgariser. Il écrivait de manière épurée, utilisant des mots qui parlaient aux lecteurs. L’ancien Premier ministre Pham Van Dông (1906-2000) en parle dans son ouvrage Hô Chi Minh-môt con nguoi, môt dân tôc, môt thoi dai, môt su nghiêp (Hô Chi Minh, un homme, une nation, une époque et une œuvre). «Hô Chi Minh est un stratège, un leader et en même temps un homme de culture et un journaliste. Durant toute sa vie, Hô Chi Minh est resté un brave combattant sur le front culturel et journalistique[...] Son style d’écriture était varié, tout en gardant une teinte populaire[...] Il utilisait des expressions proches des lecteurs, des phrases simples, mais pleines d’imagination».

Le dernier article de Hô Chi Minh, intitulé Nâng cao trach nhiêm cham soc thiêu niên nhi dông (Pour plus de responsabilité dans les soins des enfants), a été publié le 1er juin 1969 dans le journal Lao Dông (Le Travail), à l’occasion de la Journée internationale des enfants. Cet article, il l’a écrit avec toute l’affection qu’il avait pour les jeunes générations du pays. –VNA/CVN
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