Hanoi (VNA) - Réalisé à titre expérimental depuis 2012, le projet «Renforcement de l’accès et amélioration de la qualité de l’éducation intégrée chez les enfants handicapés par le biais des technologies de l’information» a obtenu des résultats encourageants. Reste maintenant à le généraliser.

Une heure de la discipline «Langue vietnamienne» pour les élèves malentendants dans la province de Dak Lak. Photo : VNA
Les enfants handicapés n’ont pas la vie facile, que ce soit dans leur quotidien ou leur scolarité. Nombre sont contraints d’abandonner l’école. Bien que le pays mette l’accent sur l’éducation intégrée (c’est-à-dire étudiant dans la même classe que les valides), l’intégration scolaire des enfants porteurs d’un handicap reste confrontée à des défis de taille.

Face à cette situation, le projet «Renforcement de l’accès et amélioration de la qualité de l’éducation intégrée chez les enfants handicapés par le biais des technologies de l’information» est réalisé à titre expérimental depuis 2012 par le ministère de l’Éducation et de la Formation, en coopération avec l’organisation Catholic rerlief Services (CRS) et l’Agence des États-Unis pour le développement international.

Trois ans après ses débuts, le projet a permis de créer un logiciel de lecture d’écran NVDA, la page site giaoduchoanhap.edu.vn, une centaine de livres sur l’intégration scolaire, 40 DVD sur lesquels figurent l’intégralité des cours de vietnamien et de mathématiques de 5e classe, ainsi que le programme de télé-enseignement pour les matières «Langue vietnamienne» et «Informatique» de 6e classe. À ce jour, 42 établissements éducatifs de dix provinces et villes de l’ensemble du pays ont participé à ce projet.

Des exemples convaincants

La province de Quang Binh (Centre) est la première localité à appliquer le modèle d’enseignement à distance en faveur des enfants handicapés. Lê Thuy Trach, cadre du Service de l’éducation et de la formation de Quang Binh, informe que 220 élèves de trois centres de soins des enfants handicapés et de trois associations des malvoyants de la province ont pris part à ce projet. En informatique, après un temps d’adaptation, la plupart des élèves savaient utiliser couramment l’outil internet pour chercher des informations et rédiger des textes. Quant à la discipline «vietnamien», ils ont pu comprendre la structure des mots, des phases dans les textes et utiliser correctement les accents dans les phrases.

Malgré les aides apportées dans le déploiement de ce projet, notamment sous forme de prêts bancaires, plusieurs établissements scolaires manquent encore d’ordinateurs, d’outils didactiques. Autre obstacle : le fait que les cadres des associations des malvoyants n’aient aucune notion pédagogique et que rien ne soit fait pour y remédier. Dans le même ordre d’idées, certains enseignants ne maîtrisent que partiellement -doux euphémisme -la langue des signes.
Dans le Centre d’assistance au développement de l’intégration scolaire de Phu Yên (Centre). Photo : VNA

«Par le biais de ce modèle d’éducation intégrée et grâce aux aides des enseignants, j’ai appris beaucoup de choses. Je peux chercher les leçons adaptées sur le site web dédié à l’éducation intégrée», exprime Nguyên Thi Chuc, élève malvoyant du Centre de réhabilitation fonctionnelle, de formation professionnelle et de création d’emplois de l’Association des malvoyants de la province de Hai Duong (Nord). L’enseignante de ce centre, Doàn Thi Thanh Huyên, estime qu’il faut multiplier ce modèle.

Hô Chi Minh-Ville est l’une des dix localités à appliquer le modèle d’éducation à distance au profit des enfants handicapés. L’enseignante Nguyên Thi Thanh Truc, directrice de l’école spécialisée Hy Vong (Espoir), dans le 8e arrondissement, fait savoir que l’établissement déploie actuellement un programme pédagogique en images pour les élèves de 5e classe et un autre de télé-enseignement pour les élèves de 6e classe. «Il serait bien de l’étendre aux niveaux inférieurs, en 3e et 4e classes», dit l’enseignante.

D’après le chef adjoint du Département de l’enseignement secondaire (ministère de l’Éducation et de la Formation), Nguyên Trong Hoàn, les résultats des enquêtes montrent que nombre d’enfants en situation de handicap sont dans l’incapacité de se rendre à l’école - impossibilité de se déplacer, pauvreté, etc. De plus, le contingent d’enseignants et les documents d’éducation spécialisée sont encore insuffisants dans les établissements «normaux».

Un projet efficace

C’est dans cette optique que ce modèle d’éducation à distance et par images a été mis sur pied : permettre à toutes les écoles d’accueillir les enfants han-dicapés, et ce à proximité de chez eux. «L’application des technologies de l’information dans l’éducation intégrée pour les enfants handicapés est une orientation juste. Toutes les personnes se sentent concernées et y vont de leur contribution - enseignants, gestionnaires, ainsi que parents d’élèves», souligne Trân Thi Tham, chef adjointe de l’enseignement primaire (ministère de l’Éducation et de la Formation).

«Afin de valoriser les résultats et d’inscrire ce projet dans la durée, le Département de l’enseignement général doit collaborer avec les organismes concernés afin d’élaborer le programme de télé-enseignement, programme qui devra couvrir toutes les disciplines et concerner les élèves de toutes les classes. Il s’agira également d’organiser des cours de formation continue pour les gestionnaires et enseignants», préconise la vice-ministre de l’Éducation et de la Formation, Nguyên Thi Nghia.

Et de conclure : «Dans l’intérêt des enfants en situation de handicap, les localités du pays doivent remédier aux difficultés auxquelles elles se heurtent, faire des retours d’expérience du projet dans les activités d’éducation intégrée afin d’instaurer une éducation égale et de qualité pour tous». - CVN/VNA