Le milliardaire Nguyên Dang Cuong. Photo : TM/CVN

Hanoi (VNA) - Peu d’agriculteurs dans le Nord parviennent à élever des canards à bec tacheté (Anas poecilorhyncha), une espèce sauvage. Nguyên Dang Cuong a relevé le défi et réussi à faire fortune.

Nguyên Dang Cuong, 37 ans, est un agriculteur très connu du district de Thuân Thành dans la province de Bac Ninh (Nord). Grâce à l’élevage de cette espèce d’oiseau sauvage, le jeune agriculteur a réussi à sortir de la pauvreté. Puis, la roue s’est même complètement renversée pour lui, et il est devenu milliardaire.     

Sa ferme, qui s’étend sur 2,5 hectares, est située au milieu des champs à perte de vue de la commune de Dai Dông Thanh, district de Thuân Thành. De loin, les visiteurs peuvent entendre le cancanement ininterrompu des canards sauvages.

Des canards en semi-liberté

Un paysan du secteur explique que «Cuong est doué car il a réussi à sédentariser les canards sauvages dans sa ferme».

La plupart du temps, les canards à bec tacheté volent loin de leur «maison», mais ils reviennent chez l’éleveur pour la nourriture. Pour information, le nourrissage est réalisé au moins deux fois par jour.

«Je donne toujours les aliments au même moment de la journée», explique Cuong. Il ne peut pas se permettre de prendre le risque de perdre ses canards sauvages. Ainsi, même si ces derniers volent loin, Cuong parvient à les faire revenir grâce à ce rituel alimentaire créé chaque jour avec eux. Sachez qu’ils mangent essentiellement des lentilles d’eau.

«Je leur donne une quantité de nourriture suffisante, ce qui les rend trop paresseux pour chercher de la nourriture ailleurs. Le bran mélangé avec les lentilles d’eau permet de rendre la viande délicieuse sans pour autant être grasse. Cela me coûte dix brouettes de son et de lentilles d’eau par jour», explique-t-il.

Actuellement, sa ferme compte 40.000 canards sauvages comprenant canetons et adultes. Parmi ces derniers certains sont prêts pour la vente, et sont conservés dans des bassins couverts de filets. Le reste est, quant à lui, à même de voler quand il le souhaite. «Les canards à bec tacheté préfèrent s’envoler pendant les nuits fraîches. Ils se rendent dans les rizières à proximité de la ferme, puis retournent chez eux. Les éleveurs ne doivent jamais les faire paniquer, car sinon ils s’envolent et ne reviendront jamais», prévient-il.

«Je garde des canards sauvages depuis maintenant sept ans. Je n’ai donc plus cette crainte de voir mes oiseaux disparaître», avoue Cuong.

La ferme de Nguyên Dang Cuong. Photo : DT/CVN

Malgré son succès actuel, l’éleveur n’a pas oublié la difficile entrée en matière qu’il a vécue à ses débuts. En effet, il a dû batailler lors des premières années pour en arriver à un tel résultat.

Une viande prisée et vendue 250.000 dôngs/kg

M. Cuong  a expliqué que cette décision d’élever des canards sauvages lui est venue complètement par hasard. C’est en effet après avoir goûté pour la première fois un plat de viande de canard sauvage qu’il a été tenté de se lancer dans ce projet. En 2007, il a demandé à un ami d’acheter 60 canards sauvages pour les élever dans sa ferme.

Après les avoir nourri pendant plusieurs mois avec le plus grand soin, leur nombre a diminué de moitié. Deux mois plus tard, certains d’entre eux ont commencé à pondre de premiers œufs. Malheureusement pour Cuong, aucun n’a éclos. Mais grâce à plusieurs mois de tests, la première fournée de canetons s’est finalement bien développée. Son cheptel a augmenté passant de 50, 100, à maintenant jusqu’à 40.000 canards. Pour information, sachez qu’à l’âge de cinq mois, chaque canard à bec tacheté pèse entre 0,8 et 1 kg.

Actuellement, la ferme de M. Cuong fournit des centaines de canards à bec tacheté par jour aux restaurants de la région ainsi qu’à Hanoi. Leur chair est délicieuse et très demandée. Elle est vendue environ 250.000 dôngs le kilo dans les fermes puis 600.000 dôngs dans les restaurants.

Outre ce commerce de canards, cet éleveur vend aussi des canetons. «Je compte porter mon cheptel à 100.000 unités et augmenter la productivité. Je souhaite aussi baisser  mes prix en 2018», partage M. Cuong.

En dépit des prix élevés, sa ferme est toujours incapable de répondre à la demande toujours très forte des restaurants.-CVN/VNA