Hanoï (VNA) - Généraux, écrivains, poètes ou musiciens, quelques grands hommes et femmes de l’histoire vietnamienne sont nés sous le signe du Coq. Et tous partagent les mêmes points communs : un courage et une combativité à toute épreuve.

Une statue de Doàn Thi Diêm à Hô Chi Minh-Ville. Photo : Archives/CVN

Doàn Thi Diêm (1705-1748)

Doàn Thi Diêm, alias Hông Hà Nu Si (La femme lettrée du fleuve Rouge), est née en 1705 dans le village de Giai Pham à Kinh Bac (maintenant district de Yên My, province de Hung Yên dans le Nord).

Doàn Thi Diêm était une poétesse réputée pour son pouvoir de transformer de simples paroles en vers. Le Chinh phụ ngâm (Complainte de la femme du guerrier) fut d’abord écrite en chinois vers 1740 par Dang Trân Côn, licencié ès-lettres et préfet de Thanh Oai (province de Hà Dông, maintenant arrondissement de Hà Dông, à Hanoï). Séduite par la beauté de ce poème portant sur la douleur d’une jeune femme dont le mari est parti au combat, Doàn Thi Diêm le traduisit en vietnamien. Et, fait extraordinaire et probablement unique dans l’histoire de la littérature, la traduction s’est révélée plus belle que le texte original. Cette œuvre immortelle, écrite dans les années 1740, ouvre la voie à la prestigieuse renaissance littéraire de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

Le Chinh phu ngâm, maintes fois traité, a permis à la poétesse d’accéder à la célébrité. Avec Hô Xuân Huong, Bà Huyên Thanh Quan et Suong Nguyêt Anh, elle est considérée comme une des plus talentueuses femmes de lettres.

Nguyên Gia Thiêu (1741-1798)

Nguyên Gia Thiêu est né en 1741 à Bac Ninh (Nord), connu sous-titre de marquis Ôn Nhu. Issu d’une famille de la haute noblesse et éduqué à la Cour, il servit les derniers rois Lê, alors en pleine décrépitude. Il préféra par la suite se retirer et se consacrer à la littérature et la religion. Il est l’auteur du Cung oán ngâm khúc (Plaintes d’une femme du harem), un poème de 356 vers dans le pur style élégiaque, ou ngâm en vietnamien. Cette œuvre aborde la triste condition des concubines royales délaissées et recluses. Elle figure parmi les principaux chefs-d’œuvre du genre «complainte» de la littérature classique du Vietnam en nôm, des caractères démotiques sino-vietnamiens.

Cultivé, il était aussi connu pour son goût pour la philosophie et l’histoire, mais également la musique, la peinture et l’architecture.

En 1981, à l’occasion de son 240e anniversaire, Nguyên Gia Thiêu a été honoré du titre de «Grand homme de culture du Vietnam». En hommage à ses contributions importantes dans le domaine de la culture et de l’art, des rues et des écoles portent son nom dans la capitale, mais aussi à Hô Chi Minh-Ville et dans le reste du pays.

Le "Truyên Kiêu" a été traduit en une vingtaine de langues. Photo : CTV/CVN

Nguyên Du (1765-1820)

Nguyên Du, connu également sous les pseudonymes de Tô Nhu et Thanh Hiên, est né en 1766 dans le village de Tiên Diên, dans la province centrale de Hà Tinh. Son père, Nguyên Nghiêm, est un mandarin et ex-Premier ministre sous la dynastie des Lê.

En 1802, il obtient un poste militaire sous la dynastie des Nguyên et il est promu ambassadeur en Chine en 1813.

Poète vietnamien célèbre et apprécié qui écrivit en nôm, il est surtout connu pour son roman d’amour tragique en vers Kim Vân Kiêu, ou plus connu sous le nom de Truyên Kiêu (L’histoire de Kiêu).

Ce poème, écrit au début du XIXe, est composé de 3.254 vers adoptant la métrique luc bat («six et huit pieds intercalés», en vietnamien). Considéré comme l’œuvre littéraire vietnamienne la plus importante jamais écrite, le Truyên Kiêu a été traduit en vingtaine de langues.

Il est inspiré d’un roman chinois Ming du XVIIe siècle, que Nguyên Du découvrit alors qu’il était en mission d’ambassadeur en Chine en 1813.

À l’instar de Nguyên Trai et du Président Hô Chi Minh, il a eu droit à une cérémonie de commémoration organisée par l’UNESCO.

En 1965, l’Organisation mondiale pour la paix avait honoré Nguyên Du et huit autres «hommes de culture» comme l’écrivain italien Dante ou l’écrivain russe Lomonossov.

La statue Quang Trung au musée éponyme à Quy Nhon, dans la province centrale de Binh Dinh. Photo : Nga Lee/CVN

Nguyên Huê (1753-1792)

Nguyên Huê, également appelé Quang Trung hoàng dê (L’Emprereur Quand Trung) est né à Binh Dinh (Centre) en 1753, et est mort à Phú Xuân (Huê, au Centre) en 1792. Il fut le deuxième roi de la dynastie Tây Son (1788-1792). Il fut l'un des généraux talentueux de l'histoire du Vietnam, et a permis d’unifier un pays alors divisé entre les familles Trinh et Nguyên.

Il a mené son armée à des victoires historiques contre les armées venues du Siam (notamment lors de la bataille de Rach Gâm-Xoài Mút en 1785) et des Qing. Il a également imposé les lettres nôm comme écriture nationale.

Une œuvre de Bùi Xuân Phai, le peintre des «vieilles rues» de Hanoï. 

Bùi Xuân Phai (1921-1988)

Bùi Xuân Phai, originaire de l’ancienne province de Hà Tây, maintenant Hanoï, est un des plus grands peintres vietnamiens contemporains. Son père le prédestinait à une carrière de médecin ou dans l’administration, mais Bùi Xuân Phai ne pensait qu’à la peinture. Il entreprit ses études à l’École des beaux-arts de l’Indochine de 1941 à 1945.

Il est célèbre pour ses peintures de «vieilles rues» de la capitale, et gagna le surnom de «peintre de l’âme de Hanoï». Il s’est également illustré dans ses portraits d’acteurs et musiciens de l’opéra, des nus et des natures mortes. Il a été largement influencé par les peintres européens, tels Derain, Marquet et Utrillo, et voua une grande admiration pour Picasso.

Bùi Xuân Phai a participé à de nombreuses expositions en ex-Union soviétique, France, Allemagne, Cuba, Mongolie, Singapour et Hong Kong (Chine). Ses œuvres figurent d’ailleurs dans les musées de la plupart de ces pays. -CVN/VNA