Jakarta (VNA) – La police indonésienne a arrêté vendredi trois suspects au lendemain d’attentats meurtriers dans le centre de Jakarta, en Indonésie, revendiqués par l’organisation Etat islamique (EI) et dont plusieurs assaillants abattus ont été identifiés alors que les investigations se poursuivent.

Des militaires indonésiens sur les lieux des attentats à Jakarta, le 14 janvier 2016. Photo: AFP

Le ministre de la Sécurité, Luhut Pandjaitan, a confirmé les informations de la presse annonçant l’arrestation de trois personnes à Depok, dans la banlieue sud de Jakarta. Des perquisitions sont par ailleurs en cours à Java et sur d’autres îles.

"La police nationale est à son plus haut niveau d’alerte, en particulier dans les zones considérées comme des cibles pour des actes terroristes, tels des postes de police, des bâtiments publics, des ambassades, avec le soutien de l’armée", a déclaré Anton Charliyan, porte-parole de la police nationale. 

Un commando de cinq hommes avait déclenché des attaques à l’aide d’explosifs et d’armes à feu, semant le chaos pendant plusieurs heures dans le quartier de Thamrin qui abrite des centres commerciaux, des gratte-ciel et les bureaux de plusieurs agences de l’ONU ainsi que des ambassades.

Deux civils ont été tués, et les cinq assaillants dont trois kamikazes ont été neutralisés. Une vingtaine de personnes, dont plusieurs Occidentaux, ont également été blessées.

Le groupe jihadiste a revendiqué les attaques de Jakarta en indiquant que plusieurs engins avaient "explosé concomitamment à des attaques par quatre soldats du califat avec des armes légères et des ceintures explosives".

La police indonésienne a relevé que les auteurs des violences à Jakarta avaient "suivi l’exemple des attentats de Paris", quand des islamistes liés à l’EI avaient tué 130 personnes dans des attaques coordonnées le 13 novembre dernier.  

A Jakarta, les habitants rendent hommage aux victimes. Photo: AFP

Plusieurs pays ont aussitôt condamné ces attentats. Les pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont exprimé jeudi leur sympathie et adressé leurs condoléances aux familles des victimes. Ils ont également salué la réaction rapide des forces de sécurité indonésiennes.

Face aux récentes attaques terroristes dans le monde, jugées "criminelles et injustifiables", le Conseil "exprime sa profonde préoccupation devant la menace persistante que font peser sur la sécurité internationale l’Etat islamique, Al-Qaïda et tous les individus, groupes, initiatives et entités qui leur sont associés".

L’implication de l’EI risque de créer de vives inquiétudes en Indonésie et dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est peuplés de musulmans, où les autorités redoutent que des combattants partis faire le djihad ne commettent des attaques à leur retour chez eux.

Le secrétaire général du Conseil national de sécurité de Thaïlande, Thawip Netniyom, a estimé que ces attentats suicide montraient que l’EI était en train de propager ses activités en Asie du Sud-Est, d’où la nécessité pour les pays dans la région de collaborer plus étroitement dans le partage de renseignements et d’informations pour faire face à cette menace.

L’Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde, avait été précipité dans sa propre "guerre contre le terrorisme" par les attentats de Bali en 2002 (202 morts). Mais l’archipel n’avait pas connu d’attentats majeurs depuis ceux ayant fait neuf morts en juillet 2009 dans des hôtels de luxe à Jakarta. – VNA