Hanoi (VNA) - Les conséquences des changements climatiques ne sont plus un mirage dans le delta du Mékong, déjà lourdement affecté par la montée du niveau des océans. Il est urgent d’agir pour protéger durablement ce qui constitue la première région agricole du pays. Avis de spécialistes.

Le changement climatique influence la qualité de terre agricole. Photo : VNA

Projets d’évacuation des eaux
 

Nguyên Phong Quang, chef adjoint du Comité de pilotage du Nam Bô occidental
 

D’ici 2020, les provinces du delta du Mékong continueront d’établir des zones sécurisées pour loger les habitants. Elles poursuivront également les travaux de protection des centres urbains touchés par les crues et de consolidation du système de digues maritimes et fluviales. La région se focalisera aussi sur la sécurisation et la construction d’autres ouvrages adaptés à ces bouleversements imputables aux changements climatiques.

Pour les ouvrages hydrauliques au service de l’aquaculture, les provinces du delta du Mékong se pencheront sur le perfectionnement des ouvrages d’approvisionnement et d’évacuation des eaux, de contrôle des eaux salées et de réserves d’eau douce. Il sera encore question de mettre en place un système hydraulique efficace servant à la fois les besoins de la riziculture et de l’élevage de crevettes.

Un ouvrage hydraulique dans la province de Cà Mau.

Photo : Thê Anh/VNA/CVN


Mais dans l’immédiat, la priorité va à la lutte contre les inondations dans certaines grandes villes comme Cân Tho, Cà Mau, Vinh Long. Dans la ville de Cà Mau, un vaste système de digues sera érigé d’ici 2020 le long des rivières Cà Mau, Gành Hào, Dôc, Rach Râp, des canaux Cà Mau-Bac Liêu, Quan Lô-Quang Hiêp et Luong Thê Trân. Ce projet prévoit, outre la construction des digues, le creusage de 13 lacs de régulation et le curage des canaux.

Accélérer le partenariat public-privé
 
Hoàng Van Thang, vice-ministre de l’Agriculture et du Développement rural


La restructuration du secteur hydraulique va permettre au delta du Mékong d’élever sa capacité de prévention et de lutte contre les catastrophes naturelles causées par le dérèglement climatique. Elle contribuera à la modernisation des infrastructures rurales et à l’édification de la Nouvelle ruralité.

Le secteur hydraulique de la région doit revoir son aménagement, élaborer de nouvelles politiques axées notamment sur le renforcement de la coopération entre les secteurs public et privé. Il faut également mobiliser les habitants dans la gestion, l’exploitation et la maintenance des ouvrages hydrauliques, se concentrer sur le développement scientifique et technologique au service des activités d’études et de prévisions des impacts des changements climatiques. 

Il est important d’améliorer la qualité du personnel, de renforcer les activités de communication afin de sensibiliser les habitants à la protection de l’environnement, sans oublier la coopération internationale, essentielle.

Agir au moyen d’actions concrètes
 
Bratibha Mehta, coordinatrice de l’ONU au Vietnam
 
Le Vietnam a réalisé des avancées dans le travail de résilience aux changements climatiques ces dernières années. Je pense néanmoins que le Vietnam doit mener des actions plus concrètes, en coopérant avec la communauté internationale pour relever les défis dans la sylviculture, la culture, l’élevage et l’hydraulique. Le pays doit aussi publier un mécanisme financier clair et transparent pour attirer les investisseurs. J’encourage le Département de la sylviculture à déployer un mécanisme sur le fonds de réduction des émissions de gaz à effet de serre causées par la destruction des forêts.

Solutions reconnues pour leur efficacité
 
Nguyên Van Tuê, chef du Département de la météorologie et de l’hydrologie 
 
Ces dernières années, le pays a fait des efforts dans l’élaboration et la mise en place de solutions pour faire face aux changements climatiques. Plusieurs solutions sont et seront réalisées dont le renforcement, le renouvellement des activités de communication et d’éducation auprès de la population sur la nécessité de protéger l’environnement. Par ailleurs, il faut renforcer les mesures afin de limiter les impacts des vives-eaux (phénomène qui entraîne, lors des forts coefficients de marée, une incursion de l’eau salée via les cours d’eau jusque profondément dans les terres, ndlr) et les inondations. Il faut également privilégier la formation du personnel pour mettre en application les stratégies nationales sur les changements climatiques, la croissance verte, mais aussi introduire la prévention et la lutte contre les impacts du dérèglement climatique dans les stratégies, programmes, plans d’aménagement et de développement socio-économique de chaque localité.

Les organismes compétents doivent se réunir autour d’une table afin de discuter des mesures à mettre en place pour renforcer la gestion des forêts et prôner le reboisement, faire en sorte de mieux protéger la nature et la biodiversité, sans pour autant porter préjudice aux activités humaines.

Renforcer la capacité de résilience
 

Pham Dông Quang, chef adjoint du Département de la culture
 
Le Département de la culture (ministère de l’Agriculture et du Développement rural) a proposé des solutions pour faire face aux changements climatiques. Ces solutions sont la restructuration économique, la modernisation des méthodes de production agricole afin d’assurer la sécurité alimentaire, d’augmenter le revenu des agriculteurs et de réduire la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Pour y parvenir, il faudra sélectionner et introduire de nouvelles variétés végétales tolérant le froid, la chaleur, la sécheresse, les inondations ou un degré de salinité élevé. Au Vietnam, le secteur agricole est responsable de 43% des émissions de gaz à effet de serre du pays. Pour les réduire, le département a expérimenté des techniques avancées qui concernent la riziculture inondée.  -CVN/VNA