Hanoi (VNA) - Il y a 55 ans, le Département de langue et de civilisation française de l’Université de langues et d’études internationales, à Hanoï, ouvrait ses portes. Il est aujourd’hui l’un des hauts lieux de l’enseignement du français au Vietnam.
 
Le Département de langue et de civilisation française a vu défiler plusieurs générations d’enseignants. Photo: Ulis
Inauguré en 1962, le Département de langue et de civilisation française de l’Université de langues et d’études internationales (relevant de l’Université nationale de Hanoï) peut se targuer d’être l’un des berceaux de formation des licenciés en pédagogie du français pour le Vietnam. Ses enseignants proviennent d’universités et instituts de recherche prestigieux du pays et de l’étranger.     
 
Des échanges avec le monde entier

Le département a formé une cinquantaine de promotions qui fournissent du personnel francophone dans les domaines de l’économie, de la société, de la diplomatie et de l’éducation. Outre la formation des licenciés, il propose une formation postuniversitaire en langue française, en théorie et méthodes d’enseignement du français à l’Université de langues et d’études internationales.
 
«Notre département a été créé en 1962. Au cours de ces 55 dernières années, nous avons formé des milliers de professeurs de français qui travaillent maintenant dans des établissements supérieurs, dans des écoles, des universités, des lycées et des collèges où il y a du français. Nous formons depuis quelques années non seulement des professeurs de français mais des professionnels francophones pour répondre aux besoins du marché du travail», informe Dinh Hông Vân, chef du Département de langue et de civilisation française. Et d’ajouter : «Notre département comprend aujourd’hui 53 cadres et enseignants, pour environ 500 étudiants».   
Le professeur français Olivier Estèbe en action. Photo: CVN
La coopération internationale est un facteur déterminant pour le choix des étudiants. Le Département de langue et de civilisation française a établi un partenariat avec l’ambassade de France, la délégation Wallonie-Bruxelles au Vietnam, le Groupe des ambassades, délégations et institutions francophones à Hanoï, le Bureau régional pour l’Asie et le Pacifique de l’Organisation internationale de la Francophonie, le Bureau Asie-Pacifique de l’Agence universitaire de la Francophonie et le Centre régional francophone d’Asie-Pacifique. Elle collabore également avec des universités françaises comme l’Université de Picardie Jules Verne, les université Paul-Valéry Montpellier 3 et Jean Moulin Lyon 3.  

«Nous travaillons tous les matins, aussi les après-midi avec des étudiants en 1re et 4e années principalement. L’accueil à l’université est extrêmement chaleureux, l’encadrement très agréable et stimulant. J’ai été absolument charmé de voir l’accueil des étudiants et professeurs. Ce sont des conditions de travail vraiment agréables», fait savoir Pierre-Marie Janvier, professeur français de l’organisation non-gouvernementale PREFASSE. Depuis plus d’un mois, les étudiants de ce département suivent des cours sous sa tutelle. Outre l’apprentissage de la langue, Pierre-Marie Janvier donne aux étudiants de nombreuses informations intéressantes sur les pays de la communauté francophone. Sa méthode fait l’unanimité.   

«Les étudiants ont un bon niveau. Certains apprennent le français depuis l’école élémentaire. Et ceux-là ont un très très bon niveau. Certains envisagent d’ailleurs d’aller finir leurs études en France. Je les pousse à franchir le pas car je pense qu’ils vont s’intégrer facilement», partage Olivier Estèbe, professeur français de l’Association d’amitié franco-vietnamienne de Choisy-le-Roi – Val de Marne (AAFV).

Pour Lucille Douchet Amiens, étudiante française, cela restera une expérience inoubliable. «Je suis venue ici en septembre. J’ai commencé à étudier et j’ai de très bons rapports avec les étudiants ici. L’intégration est assez facile, plus facile que ce que je pensais», confie-t-elle.

Un des lieux les plus fréquentés par les étudiants est la bibliothèque. Ils peuvent y trouver des manuels, magazines en français pour mieux comprendre la communauté de la Francophonie. Autre raison incitant les jeunes à opter pour le Département de langue et de civilisation française : l’infrastructure et ses équipements. Outre ses salles modernes, son centre multimédia est équipé d’ordinateurs modernes connectés au Web.    

Dynamisme et réactivité
 
Conférence scientifique des étudiants à la Faculté. Photo: NDEL
Les étudiants ici sont très dynamiques. Ils participent avec enthousiasme aux activités francophones. Exemple avec la fête «Couleurs culturelles», qui a lieu à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie du 20 mars.     
 
De plus, les étudiants ont créé un club français baptisé «Espace Francophone», constitué d’une trentaine de membres. À la fin des heures d’études, l’après-midi, ses membres se réunissent pour perfectionner leur français, préparer les examens et autres concours. Le week-end, ils organisent des pique-niques pour apprendre à mieux se connaître.

 «Je participe au club Espace francophone depuis deux ans, depuis mes premières journées de vie universitaire. Au début, j’étais vraiment impressionnée par l’enthousiasme des membres exécutifs. Ils ont organisé pour nous des activités très intéressantes et instructives, telles que des rendez-vous pour pratiquer le français à l’oral ou des cours supplémentaires de français. Maintenant, en tant que présidente du club, je fais de mon mieux pour maintenir, développer et élargir nos activités pour que les nouveaux membres puissent apprendre non seulement davantage de connaissances linguistiques mais des connaissances sur la société et la culture françaises ainsi que vietnamiennes», estime Pham Thi Hông Vân, présidente du club Espace Francophone.

Le Département de langue et de civilisation française regarde vers l’avenir. Il s’est fixé comme objectif d’améliorer la qualité de la formation en appliquant les réformes ministérielles, en privilégiant notamment les cursus liés aux métiers d’interprète, de traducteur et du tourisme pour satisfaire les exigences d’un marché du travail en perpétuelle évolution.  – CVN/VNA