Hanoï (VNA) - Le vieillissement de la population, le déséquilibre du ratio des sexes à la naissance et la médiocrité de l’Indice de Développement Humain (IDH) constituent des enjeux majeurs pour le développement socio-économique du pays. Enquête.

Le Vietnam se trouve aujourd’hui en pleine structure démographique dite «d’or». Photo : Trân Lê Lâm/VNA/CVN

«La démographie nationale est en proie à des changements importants et de nouvelles tendances se sont dessinées par rapport à la période où a été instauré le Programme de démographie et du planning familial, en 1961», a constaté la ministre de la Santé, Nguyên Thi Kim Tiên. Ces caractéristiques ouvrent autant d’opportunités pour le développement durable du pays que de défis, lesquels imposent des solutions à appliquer au plus vite.

L’accroissement de la population ralentit

La population vietnamienne continue et continuera d’augmenter mais à un faible rythme - pour la période 2009-2019, son taux d’accroissement annuel moyen est estimé à 1% et devrait baisser dans les années suivantes. En 2025, le pays compterait 100 millions d’habitants et en 2050, 107 millions.

Bien que l’accroissement ralentisse, le Vietnam reste la 3e puissance démographique de l’Asie du Sud-Est, la 8e de l’Asie et la 14e mondiale. Cette population importante rend le pays attractif, surtout auprès des investisseurs. Mais c’est aussi un problème pour la sécurité alimentaire et énergétique.

Toujours selon Nguyên Thi Kim Tiên, la population nationale est entrée depuis 2012 en phase de vieillissement. Aujourd’hui, si le taux des plus de 60 ans dépasse 10% de la population, il devrait atteindre 20% d’ici 15 ans avec de fortes répercussions en termes de retraites et de sécurité sociale.

Quant au déséquilibre du ratio des sexes à la naissance, la situation est alarmante. Selon le recensement général de la population, en 2009 naissaient 111 garçons pour 100 filles, et 113/100 en 2015 - avec un pic à 121/100 dans le delta du fleuve Rouge. 

Si aucune solution n’est trouvée pour remédier, ne serait-ce qu’en partie, à cette problématique, c’est la stabilité sociale qui s’en trouverait menacée.

L’indice de développement humain (IDH) du Vietnam en 1992 était de 0,486, situé au 120e rang mondial parmi les 174 pays recensés. En 2014, il était de 0,666 (116e rang mondial). Si l’IDH a sensiblement progressé dans l’absolu, il reste médiocre en comparaison des autres nations.

Un virage politique fort

Au regard de la situation, le gouvernement vietnamien tente de définir et d’appliquer depuis plusieurs années des solutions pour remédier à ces problèmes, avec notamment des choix drastiques au niveau de la politique démographique à suivre.

La priorité est désormais donnée au maintien du taux de fécondité à 2-2,1 enfants par femme, à la limitation du déséquilibre du ratio des sexes à la naissance. Il s’agit aussi de profiter au maximum de la structure démographique dite «d’or» (période au cours de laquelle la population active est largement surreprésentée, avec un ratio de 2 pour 1) que connaît actuellement le pays, de s’adapter au vieillissement de la population, d’élever le niveau de l’IDH, ce qui implique de délaisser quelque peu le Programme de démographie et de planning familial. -CVN/VNA