samedi 19 août 2017 - 20:21:55

Delta du Mékong : nécessité de restructurer l'agriculture

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Le colloque «Restructuration de l'agriculture - Édification d’une Nouvelle ruralité adaptée au changement climatique dans le delta du Mékong» a commencé mercredi 5 novembre dans la ville de Soc Trang, province méridionale du même nom dans le delta du Mékong.

Cet évènement est organisé conjointement par le Comité de pilotage du Nam Bô occidental, les ministères et branches concernés, ainsi que Hô Chi Minh-Ville et 13 autres villes et provinces de la région, dans le cadre du 8e Forum de la coopération économique du delta du Mékong (MDEC)-Soc Trang 2014 ayant pour thème «Restructuration de l'agriculture en regard de l'édification d'une Nouvelle ruralité dans le delta du Mékong».

Il réunit plus de 500 personnes, dirigeants de ministères et de branches de ressort central comme local, de nombreuses villes et provinces de la région comme d’autres localités du pays, ainsi que plusieurs centaines de spécialistes en agriculture et d’autres secteurs concernés par cette dernière.

Le MDEC-Soc Trang 2014 qui poursuivra jusqu’à vendredi 7 novembre donnera lieu aux conférences et séminaires sur la promotion du tourisme, du commerce et de l'investissement dans le delta du Mékong en 2014, sur son adaptation au changement climatique, ainsi que sur d’autres activités socioculturelles, dont la fête khmère Ok Om bok qui va prochainement commencer.

Ce colloque traite de points importants pour la région, notamment de la situation réelle et des mesures de développement des mangroves avec création de polders, d’hydrologie au service de l’aquaculture, de restructuration de cette dernière en considération du changement climatique, de coopération au sein de la chaîne globale de l’agriculture (production-transformation-distribution-consommation) en vue d’élever rendement et productivité, ou encore d’amélioration des conditions de vie de la population du delta du Mékong...

«Ce colloque a une grande ambition, réunir experts et gestionnaires afin de définir et d’avancer, pour les zones rurales et l’agriculture, les tâches nécessaires et urgentes à mener, de nouveaux mécanismes et modèles de coopération, des mesures pour la mise en œuvre de ces derniers sur le long terme, ainsi que de partager les expériences de tous pour formuler des avis et propositions pour une meilleure effectivité des actions destinées à assurer un développement durable au delta du Mékong», a souligné Duong Quôc Xuân, chef adjoint du Comité de pilotage du Nam Bô occidental et chef adjoint permanent du MDEC-Soc Trang 2014.

Rôle majeur du delta du Mékong

Selon ces experts, le delta du Mékong a une place très importante dans la stratégie de développement socioéconomique du Vietnam, compte de sa qualité de première région agricole du pays. Cette région possède de grands potentiels et atouts en termes de développement. En effet, elle représente, au niveau national, plus de 50 % du rendement rizicole, ainsi que plus de 90% de la production de riz et près de 60 % de produits aquatiques destinés à l’export, et 70% de celle de fruits. Toutefois, le développement actuel et futur de son agriculture n’est pas encore durable.

D’une part, la croissance de ce secteur a porté et porte toujours des atteintes à l’environnement, notamment sur le plan de la biodiversité, de la pollution et de la gestion des ressources naturelles, pollution d’eau. D’autre part, elle est concernée en tout premier lieu par les conséquences du changement climatique. Ces facteurs, parmi d’autres, entraînent déjà une hausse des coûts de production qui amenuisent d’autant la compétitivité des produits agricoles du Vietnam sur le marché mondial, et génèrent un cercle vicieux production-environnement-compétitivité...

En vue d’orienter ce secteur vers un développement durable dans le cadre de sa restructuration en cours sur le plan de l’agriculture comme celui des zones rurales - la Nouvelle ruralité, les participants ont avancé plusieurs mesures dès le début de ce colloque, notamment de :

- renforcer la communication afin de mieux faire reconnaître la place essentielle que tiennent l’agriculture, les agriculteurs et, plus généralement, la population rurale, laquelle a vocation à croître avec sa restructuration, dans le sens de plus fortes valeur ajoutée et compétitivité, dans le cadre plus général de l’industrialisation et de la modernisation du pays ;

- contrôler la planification des réseaux hydrauliques pour mieux protéger et servir la production agricole (digues, polders, mangroves, aménagements du littoral) ;

- planifier plus efficacement la production, notamment dans la riziculture, l’aquaculture et l’exploitation halieutique et la fruiticulture, segments de pointe de l’agriculture du delta du Mékong ;

- avancer des solutions globales pour le développement des réseaux hydrauliques - d’irrigation en premier lieu, afin de mieux aux besoins de la production, en veillant dans ce cadre à réorganiser la structure des élevages aquicoles en privilégiant les variétés de poissons pangasius et celles de crevettes ;

- transférer et d’appliquer de nouvelles technologies dans la production comme d’employer de nouvelles techniques d’investissement dans les infrastructures hydrauliques et des segments de la production, du traitement et de la commercialisation des produits agricoles ;


- dresser le bilan des résultats des divers types de moyens d’irrigation pour mieux protéger et servir la production agricole, en particulier pour la généralisation de l’application des normes GAP, VietGap et GlobalGap, le développement de grandes exploitations agricoles et de modes de production agricole «verte» et, plus généralement, pour s’assurer de la conformité du secteur aux normes nationales comme internationales ;

- renforcer la promotion de la consommation à tous niveaux de produits agricoles «propres», ainsi que donner les conditions à un essor des entreprises de la chaîne agricole répondant aux normes VietGap, des exploitations familiales, coopératives... aux entreprises fournisseurs, de traitement et de transformation...

- accorder une priorité à la formation de ressources humaines issues et pour les zones rurales, en particulier dans les métiers qui constituent leur point fort ;

- définir et appliquer des politiques effectives et synergiques en matière d’allocation du foncier, de financement - notamment d’accès au crédit bancaire, de généralisation de la mécanisation du secteur et de renouvellement des matériels et équipements, d’application de technologies modernes, en particulier dans les cultures, ainsi que de développement des débouchés commerciaux. -CVN/VNA
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