Les technologies et les normes de qualité des produits agricoles sont très strictes au Japon. Si les entreprises et les agriculteurs vietnamiens peuvent appliquer les technologies japonaises à la production, la transformation et la conservation de leurs produits vietnamiens, ils pourront les exporter dans presque tous les pays du monde.

Le Japon continue de soutenir le transfert de techniques de pêche du thon aux pêcheurs de Khanh Hoà et de Phu Yên (Centre). Photo : VNA

«Pour l’exportation du thon sur le marché japonais, il nous faut répondre à des normes très strictes en matière de qualité et de forme du produit. Grâce aux méthodes japonaises, les thons pêchés à Binh Dinh restent au plus frais et sont donc commercialisés à un prix plus élevé», explique le pêcheur La Van Tinh, du district Nhon Hoà de la province de Binh Dinh. Lui et ses collègues souhaitent que les entreprises japonaises signent directement des contrats avec eux pour s’assurer d’un débouché stable et d’un bon prix.

«Coopérer avec les entreprises japonaises nous permet d’accéder à des technologies avancées et d’augmenter la valeur ajoutée de nos produits», indique Nguyên Van Cuu, directeur d’une compagnie de transformation de mollusques à Nam Dinh (Nord).

«Vingroup veut participer aux projets de coopération agricole entre le Vietnam et le Japon afin de pouvoir exporter les produits agricoles vietnamiens au Japon et inversement», fait savoir Phuong Thao, une représentante de Vingroup.

«Le Japon possède une agriculture développée aux technologies avancées, très compétitive et bien gérée au niveau de la production. Il peut assister l’agriculture vietnamienne dans sa modernisation et sa restructuration complète», estime Cao Duc Phat, ministre de l’Agriculture et du Développement rural.

Le Japon prêt à coopérer

Le Vietnam est un marché potentiel en raison de sa richesse en produits agricoles. «Plus le gouvernement vietnamien avance dans la réforme administrative, la protection des droits de propriété intellectuelle et la création d’un environnement d’investissement transparent, plus le Vietnam attirera des investisseurs japonais», avancent les entreprises japonaises.

 

Le Japon sera le plus important partenaire du Vietnam dans le secteur de l’agriculture. Photo : VNA

«Les entreprises japonaises souhaitent investir sur le long terme au Vietnam», estime Hayashi Yoshimasa, ministre de l’Agriculture, de la Forêt et de la Pêche du Japon. Dans une conférence sur la coopération agricole, le nombre d’entreprises présentes est passé de 10 en 2014 à 25 cette année. Cependant, le gouvernement vietnamien doit «continuer d’améliorer l’environnement d’investissement», notamment en supprimant certaines procédures administratives problématiques en matière d’investissement.

L’ambassadeur du Japon au Vietnam, Fukada Hiroshi, estime que son pays sera le plus important partenaire du Vietnam dans le secteur de l’agriculture. Selon lui, le gouvernement vietnamien doit s'impliquer davantage dans la mise en œuvre de ses programmes d'inspection et de quarantaine des produits agricoles et dans la définition de politiques. Ses actions en ce domaine affermiront la confiance des entreprises japonaises.

Nombre de ces dernières ont augmenté leurs investissements dans l’agriculture au Vietnam. Le Fonds d’investissement Cool Japan construit actuellement à Binh Duong plusieurs entrepôts frigorifiques d’un coût total de 15 millions de dollars. Lorsqu’ils entreront en service en juillet 2016, ils permettront d’améliorer la qualité des produits agricoles vietnamiens. Toutefois, le gouvernement doit unifier ses procédures d’inspection et de quarantaine des produits agricoles, car aujourd’hui, chaque localité applique une procédure différente.

L’Agence de coopération internationale du Japon (JICA), en coopération avec des Fonds d’investissement de soutien de l’agriculture, a construit une zone agricole de 350 hectares à Lâm Dông pour expérimenter le modèle japonais de chaîne de production concentrée. En septembre prochain, les machines et les équipements seront livrés aux agriculteurs pour son lancement.

Par ailleurs, le ministre japonais Hayashi Yoshima dévoile que le Japon examinera la possibilité d’offrir au Vietnam de navires de surveillance de pêche d’occasion. Il soutiendra le transfert de techniques de pêche du thon aux pêcheurs de Khanh Hoà et de Phu Yên, ainsi qu’au Centre de pilotage de la pêche de la région du Centre du Vietnam. -CVN/VNA