Le village de Ta Van Giay est niché au coeur de la vallée Muong Hoa, à environ 8 km du centre de Sa Pa (province de Lào Cai, Nord). Sur les 140 familles qui y résident, une quarantaine ont décidé de se lancer dans le «homestay», de plus en plus populaire chez les touristes.

Pour se rendre dans ce village, les visiteurs doivent s'écarter des sentiers battus pour emprunter une petite route détournée qui longe le flanc de la montagne, admirer les rizières en terrasses qui bordent ce relief caractéristique, traverser le pont Mây qui enjambe le ruisseau de Muong Hoa et enfin percer la forêt de la Réserve nationale de Hoàng Liên.

Ainsi arrivera-t-on dans une vallée abritant de jolies maisons sur pilotis, celles du village de Ta Van Giay (commune de Ta Van, district de Sa Pa). Plus de 140 familles habitent dans ce hameau, dont 40 se sont lancées dans le «homestay», le séjour chez l’habitant. Parmi elles, la famille de Lê Van Hà. «Chaque jour, nous accueillons une moyenne de plusieurs dizaines de touristes. Nous leur proposons diverses activités, notamment les prendre en photo en habits ethniques, et traverser le pont suspendu Mây» , indique M. Hà.

Des constructions historiques à découvrir


Selon les habitants du village, le pont Mây (pont avec attaches et mains courantes en rotin) était auparavant un lieu de passage pour les riverains de Ta Van. Sa construction émane d'une coopération de tous les hameaux de cette localité. La famille possédant beaucoup de champs devait cotiser 90 fils de rotin (chacun mesurant 45 brasses). Les plus pauvres ne donnaient que 30 fils. Le plancher de ce pont est en bois de Siam, suspendu au-dessus du ruisseau Muong Hoa, attaché à deux arbres, dont la plante Ficus racemosa est âgée de plus de 200 ans. En 1964, un pont bétonné a été construit et le pont de rotin est tombé dans l’oubli. En 2005, M. Hà l’a rénové à des fins touristiques. 

Les rizières en terrasses pittoresques de Ta Van.

Le village de Ta Van Giay recèle de nombreuses maisons anciennes. La plus vieille, Lô A Muc, est en bois. Elle a été construite en 1934 sur terre battue, et elle est typique de l’ethnie Giay. Elle abrite un autel des ancêtres de forme de rectangle en bois de Siam.

Dans cette demeure désormais «homestay», les touristes se sentent toujours à l’aise. Parce que le maître des lieux prend son rôle d'hôte très au sérieux, les conditions sont réunies pour le visiteur ne manque de rien. Les touristes sont invités à goûter quelques plats populaires locaux de l'ethnie Giay, préparés avec des légumes issus de la culture sur brûlis, des poissons pêchés dans l’étang, des poulets ou des cochons élevés dans la basse-cour. Ces menus traditionnels sont généralement simples, mais laissent toujours un souvenir particulier aux voyageurs.

Ils sont devenus une sorte d'outil de communication entre villageois et touristes.

Un accueil sans artifice

Voir circuler des étrangers dans les rues de leur village est devenu d’une grande banalité pour les habitants de Ta Van Giay, qui ont naturellement gardé leurs habitudes et leurs activités quotidiennes sans s'occuper de la présence des touristes. Ces derniers ne reçoivent donc aucun accueil particulier. En revanche, les riverains installent souvent une table et des chaises devant leur maison pour les visiteurs qui souhaiteraient s'asseoir, et sont prêts à répondre à leurs questions éventuelles. Les familles qui ne font pas de «homestay» font de même. Il s'agit là d'une spécificité dont les habitants sont fiers. « Les étrangers repartent ravis, ils n'aiment pas les lieux aseptisés», partage Nguyên Hùng, guide pour l’agence Hanoi Redtour.