Phu Tho (VNA) -  Outre l’enseignement de la danse Sênh Tiên aux jeunes, la commune de Yên Luong, district Thanh Son, province de Phu Tho (Nord), cherche à promouvoir cette pratique lors des fêtes populaires.
 
Cours de danse Sênh Tiên dans le district de Thanh Son, province septentrionale de Phu Tho. Photo : BPT/CVN

Dans la commune de Yên Luong, la danse Sênh Tiên est pratiquée depuis des lustres par les Muong, une des 53 ethnies minoritaires du Vietnam. C’est même un élément important de leur vie culturelle. 

Sênh Tiên est une danse traditionnelle, avec l’utilisation de l’instrument éponyme. Ce dernier, dont le nom vient de sa fonction et de sa forme, comprend trois pièces en bois. Interprétée que par les femmes, la danse exige une certaine passion pour la rendre plus vivante. «La danse Sênh Tiên n’est pas trop difficile à apprendre. Mais la maîtriser nécessite de la persévérance», a partagé Dinh Thi Câu, une habitante de la commune de Yên Luong.

Sênh Tiên se compose de cinq mouvements principaux, illustrant des activités de la vie quotidienne  des Muong : porter le plateau de victuailles à l’occasion d’une fête, porter des paniers de riz sur les épaules, danser, jouer du tambour ou du gong, se mirer à la surface d’un plan d’eau. Elle exprime le souhait pour une vie aisée, heureuse et pour la chance.

La danse est transmise de mère en fille. Actuellement, Yên Luong compte huit danseuses qui la pratiquent régulièrement, notamment lors des fêtes locales, le Têt ou après le travail. 

Un trait d’identité à préserver

La préservation de la danse Sênh Tiên est prise très au sérieux par les villageois. Ce sont les artistes et connaisseurs de cette danse qui joueront un rôle clé dans sa protection. «Je pratique cette danse depuis mon enfance. Maintenant, je l’apprends à mes descendantes», a confié Dinh Thi Diên, une habitante de Yên Luong. Avant d’ajouter qu’elle les informe aussi sur la signification et la valeur de cette danse.

Chaque week-end, dans la cour de la Maison de la culture de la commune, des danseuses évoluent devant une foule de curieux. Les autorités du district soutiennent aussi les habitants dans leurs efforts de protection de cet art. Elles encouragent sa pratique, voire la favorisent lors des fêtes locales, en particulier celle des rois Hùng, les fondateurs de la nation (10e jour du 3e mois lunaire).

Avec l’espoir qu’elle devienne de plus en plus populaire et pratiquée, non seulement par les Muong mais encore par d’autres groupes ethniques.  – CVN/VNA